"Voici venu le temps, des grands changements"

"Voici venu le temps, des grands changements"
29/09/09 : L'automne.
Nous sommes bien loin aujourd'hui de la folie que nous procure l'été, ces vacances à la mer où nos seuls soucis sont le temps qu'il fera le lendemain, si le drapeau sera propice à la baignade ainsi que le parfum de la glace que nous mangerons lors de notre balade nocture quotidienne. Les vacances, moment où personne ne cherche à se prendre la tête. Au jour d'aujourd'hui l'été est bel et bien parti laissant place aux couleurs monotones, au ciel gris et aux sols tapis de feuilles mortes.

" Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon c½ur d'une langueur monotone " Paul Verlaine

Ce soir l'automne est venu frapper à ma porte pour me rappeller à l'ordre, d'un air de dire "Hé Manon il est temps pour toi que les feuilles de ton arbre fannent et tombent, tu ne crois pas non plus que tout restera vert et fleuri comme en été?!" Et une feuille tomba. Une feuille qui depuis un moment avait fané, ayant pris du goût l'été venu elle avait attiré plein de nouveaux petits êtres vivants bien plus importants que mon viel arbre abîmé par les années de service. On dit que tout ce qui est nouveau est beau, ce qui inclue que tout ce qui est beau attire, et ce fut le cas. Petit à petit cette belle feuille tomba, aidée par les nouveaux insectes qui en rongaient l'attache. Une fois au sol, pluie, tempetes et orages de la détruisirent pas mais lui permirent au contraire d'évoluer en pousse, puis en abrisso, jusqu'à atteindre l'etat de jeune arbre. Regardant de près cette fulgurante évolution mon arbre, lui, laissa la pousse parcourir son bout de chemin, en continuant lui aussi à solidifier des branches déja bien robustes et en en rénovant des anciennes qu'il voulait remettre en état. Mais plus l'arbrisso grandi plus il pris le viel arbre de haut, se voyant plus frais, plus robuste, et plus fort grace à ses nouvelles feuilles et à son écorce bien lisse. Mais petit arbrisso sache qu'un jour ou l'autre tes feuilles à toi aussi faneront, et plus tu venteras la verdure de ton feuillage plus il en deviendra faux et proche du synthétique. Et la toujours à coté de toi, le viel abre aux apparences de lache dégarni n'aura cessé de renforcer ses liens, les attaches des branches devenant de plus en plus incassables et de plus en plus autentiques. Et ce jour là tu te diras qu'au final l'amitié s'entretient, et que le "parfait" un jour fanera..

Tout ça pour dire que mon viel arbre ne pourra oublier cette feuille étant à l'origine même de ses propres racines, puis comment oublie une chose qui fît tout son éclat ? Mais une fois que les racines ne sont plus les mêmes et que les arbres de nos vies se regardent simplement grandir sans plus chercher à se croiser, à quoi bon essayer de nouer des liens puique nos arbres sont trop éloignés pour pouvoir permettre à nos branches de s'entrelacer ? Dans ces moments là mon arbre et son arbre n'ont plus qu'à grandir chacun de leur côté, mais je te demanderais une derniere chose, dis à tes feuilles trop peu modestes d'éviter de faire de l'ombre aux mienes qui souffrent réelement, elles, sans soleil...

# Posté le lundi 21 septembre 2009 11:47

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 13:48